HeartFlow est l'un des rares outils d'IA en cardiologie à avoir franchi l'étape du remboursement. Mais contrairement à ce qu'on lit parfois, ce remboursement est américain. En France, l'examen reste à la charge des établissements ou des patients.
Ce que fait l'outil
À partir d'un scanner coronaire classique, le logiciel FFRct reconstruit en trois dimensions les artères du cœur et simule le flux sanguin pour estimer, sans cathétérisme, si un rétrécissement limite réellement l'irrigation du muscle cardiaque. L'objectif est d'éviter des coronarographies invasives inutiles, celles qui ne débouchent sur aucune intervention.
Le remboursement américain
Aux États-Unis, l'analyse FFRct dispose depuis le 1er janvier 2024 d'un code de facturation de catégorie I, le niveau le plus établi de la nomenclature américaine. Le tarif fixé par Medicare est passé de 997 dollars à 1 017 dollars pour 2025. Une seconde analyse de HeartFlow, l'évaluation de la plaque coronaire, obtient à son tour un code de catégorie I au 1er janvier 2026.
Ce parcours illustre le délai réel entre l'autorisation d'un dispositif et sa prise en charge : HeartFlow a obtenu son autorisation FDA en 2014. Dix ans se sont écoulés avant le code de catégorie I.
Et en France
Aucune inscription de l'analyse FFRct sur la liste des actes remboursables n'a été publiée au Journal officiel. L'examen peut être réalisé dans certains centres, mais sans prise en charge par l'Assurance Maladie. Toute affirmation contraire, y compris des tarifs ou des économies chiffrées, ne repose sur aucune décision publiée.
La situation pourrait évoluer : la Haute Autorité de santé a mis en place une procédure d'évaluation accélérée pour les dispositifs numériques, mais elle concerne pour l'instant surtout les thérapies numériques et le suivi à distance, pas l'imagerie assistée.