C'est la première fois que l'intelligence artificielle figure aussi haut dans un conflit social hospitalier. Du 14 au 17 septembre 2026, environ 150 médecins des hôpitaux Mercy de Coon Rapids et Unity de Fridley, dans le Minnesota, ont fait grève quatre jours.
Ce qu'ils demandaient
Syndiqués depuis 2023 au sein du Doctors Council SEIU, ces praticiens, parmi lesquels des gynécologues-obstétriciens, des psychiatres et des réanimateurs, négociaient leur premier contrat depuis près de deux ans. Au-delà des salaires et des clauses de non-concurrence, un point revenait : avoir leur mot à dire sur la manière dont l'IA est installée dans leur travail.
Le motif est précis. L'IA suggère déjà des codes diagnostiques, et oriente la façon dont l'acte est facturé à l'assureur. Les médecins y voient un glissement : une décision qui leur revient, parce qu'elle engage leur responsabilité et le dossier du patient, se trouve préparée par un système qu'ils n'ont pas choisi et dont ils ne connaissent pas les règles.
L'issue
La grève avait été autorisée par un vote à 90 % des quelque 130 médecins concernés. Le 24 septembre, le syndicat a annoncé un accord provisoire pour un premier contrat de trois ans, comprenant la transparence salariale, une autonomie professionnelle accrue et une procédure de recours permettant d'intervenir au nom des patients.
Le signal
Le débat sur l'IA médicale se tient d'habitude entre agences de régulation, éditeurs et directions d'établissement. Il entre ici dans la négociation collective, par la porte des conditions de travail. L'enjeu n'est plus seulement de savoir si l'algorithme est performant, mais qui décide de son installation, et ce qu'il reste de marge au praticien quand le système a déjà proposé sa réponse.